L'organisation de manifestations sportives internationales offre au Canada la possibilité d'apporter des avantages directs importants à une vaste gamme de priorités gouvernementales et peut faciliter la réalisation d'autres objectifs fédéraux. Les athlètes, les entraîneurs, les officiels et les bénévoles tirent profit des programmes de formation et de compétition, en plus du legs des programmes et des installations. Les organismes individuels de sport y trouvent aussi leur compte, car ils peuvent mieux se faire connaître, accroître leur influence et voir augmenter le nombre des adeptes de leur sport.
L'économie sort également gagnante : ainsi, des emplois sont créés surtout dans le secteur des petites et moyennes entreprises; l'expansion régionale est stimulée; le tourisme s'intensifie; les exportations augmentent; les infrastructures sont améliorées; enfin, plus de recettes fiscales sont perçues.
Sur le plan social, les avantages sont variés, depuis des expériences de travail uniques, telles la formation et la participation des jeunes, jusqu'à la promotion du bénévolat et à la mise en valeur de la condition physique et de la santé.
L'accueil de manifestations sportives est une occasion de célébrer l'excellence sportive, artistique et culturelle. Elles donnent aux Canadiens la chance de contribuer à l'expression de leur identité.
La politique concernant l'accueil de manifestations sportives internationales (politique d'accueil) est un outil clé de l'approche globale du gouvernement fédéral concernant le développement du sport au Canada. Elle est conçue pour s'harmoniser avec d'autres initiatives gouvernementales essentielles à la vitalité du système sportif. Ensemble, ces efforts visent à maximiser les avantages liés au sport ainsi que ceux se rattachant à d'autres priorités gouvernementales.
La politique d'accueil poursuit deux grands objectifs. D'abord, le nombre de manifestations qu'il est possible d'accueillir ne cesse d'augmenter chaque année. En même temps, les coûts inhérents à l'organisation grimpent, alors que s'allonge la période de présentation des candidatures, de planification et de préparation menant à la tenue d'une manifestation. Le gouvernement fédéral ne pourra investir que dans les manifestations qui procureront des avantages sur les plans sportif, économique, social et culturel.
Le gouvernement fédéral a habituellement fourni une bonne partie des fonds essentiels à l'organisation des manifestations et a souvent été le principal bailleur de fonds relativement aux legs laissés par les manifestations, surtout les grands Jeux. Le modèle de financement recommandé dans la politique d'accueil préconise des partenariats plus étroits entre les gouvernements, le secteur privé et les organismes détenteurs des droits des Jeux, tant pour ce qui est de l'organisation d'une manifestation que pour les legs qui en découlent.
Essentiellement, la politique d'accueil est un cadre décisionnel qui détermine la participation du gouvernement fédéral à l'organisation de manifestations sportives internationales. Elle précise le rôle du gouvernement fédéral sur le plan de l'accueil et sert d'outil décisionnel transparent permettant au gouvernement fédéral d'évaluer les propositions en fonction de critères rigoureux. Enfin, elle vise à assurer que seules les manifestations qui peuvent procurer aux Canadiens des avantages nets appréciables sur les plans du sport, de l'économie, des affaires sociales et de la culture reçoivent un appui fédéral.
La politique d'accueil touche les grands Jeux (par exemple, les Jeux olympiques, les Jeux panaméricains), les manifestations thématiques (tels les Jeux autochtones de l'Amérique du Nord) et les manifestations unisport (les championnats du monde, la Coupe du monde). Elle ne vise pas les Jeux du Canada, ceux-ci relevant d'un accord fédéral-provincial.
Le gouvernement fédéral souhaite appuyer l'accueil d'un nombre raisonnable de manifestations sportives internationales, sous réserve qu'un certain nombre de principes et de conditions soient respectés.
Possibilité de retirer des avantages nets. Le gouvernement fédéral appuiera uniquement les manifestations qui font avancer les objectifs stratégiques nationaux; qui apportent des avantages nets considérables sur les plans du sport, de l'économie, des affaires sociales et de la culture; qui garantissent des legs importants. Les avantages possibles seront établis au moyen d'un guide d'évaluation (annexe technique) que remplira l'organisme détenant les droits des Jeux.
Réalité financière. Indépendamment du fait que tous les critères d'évaluation sont respectés, le gouvernement fédéral n'est pas tenu de subventionner une manifestation. L'octroi Politique fédérale concernant l'accueil de manifestations sportives internationales d'une aide financière dépend des fonds accessibles et de l'approbation du Cabinet (surtout dans les cas des grands Jeux).
Partenariats proactifs. Si un organisme concessionnaire a besoin de fonds fédéraux, il doit en faire la demande avant de présenter une candidature à l'organisme international détenant les droits des Jeux.
Apport de legs. Les organismes détenteurs des droits des Jeux et les sociétés hôtes doivent investir directement dans les programmes sportifs qui resteront. Les demandes de financement doivent contenir des stratégies qui assureront la continuité des programmes sportifs et garantiront en permanence aux athlètes de haut niveau un accès raisonnable aux installations. Les legs de nature économique, sociale et culturelle, prenant la forme de services et d'avantages à l'intention de l'ensemble de la collectivité, seront également pris en compte.
Aucune garantie en cas de déficit. En aucun temps le gouvernement fédéral n'offrira de garantie en cas de déficit.
Respect des normes fédérales. Les normes fédérales relatives à la Loi sur les langues officielles et au manuel du Conseil du Trésor sur les pratiques de communication justes doivent être respectées. Les sociétés hôtes doivent aussi respecter toutes les lois environnementales et tous les principes fédéraux de développement durable et, s'il y a lieu, effectuer les évaluations environnementales en conformité avec la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale. Elles doivent en outre se conformer aux méthodes de fonctionnement normalisées du Programme antidopage canadien.
Financement équitable. La contribution maximale du gouvernement fédérale a été fixée à 35 p. 100 du coût total et ne doit pas dépasser 50 p. 100 du montant total que le secteur public réserve à la manifestation. Le gouvernement fédéral inclura dans le calcul de son appui financier les services directs, indirects et essentiels ainsi que toute contribution relative au legs. Il ne sera pas l'unique bailleur de fonds des legs sportifs.
Appui manifeste de la collectivité. Dans les propositions, il doit être manifeste que la collectivité est suffisamment d'accord pour accueillir la manifestation.
Saine gestion. Les organisateurs doivent faire la preuve qu'ils possèdent les compétences organisationnelles et techniques essentielles à l'organisation réussie d'une manifestation.
Seules les demandes présentées par les organismes suivants seront prises en considération :
Les groupes souhaitant obtenir une aide financière fédérale devront prendre connaissance du guide d'évaluation, joint à l'annexe I disponible de Sport Canada. Ce guide renferme une liste de questions destinée à guider les groupes présentant une candidature dans la préparation de leur demande de financement au gouvernement fédéral. Ces questions reposent sur les principes et conditions de la politique d'accueil et doivent être abordées dans les demandes de financement.
L'annexe II de ce guide renferme les lignes directrices relatives à l'évaluation économique des manifestations sportives internationales. Ces lignes directrices visent à uniformiser l'approche qu'adoptent les groupes demandant une aide financière fédérale pour évaluer les avantages et les retombées économiques de l'organisation d'une manifestation sportive internationale. Elles aideront à assurer l'évaluation cohérente et équitable des demandes de financement fédéral.
Prière de faire parvenir les dossiers d'information et les lettres de demande à l'adresse suivante :
Unité des Jeux principauxAprès avoir reçu les demandes de financement, Sport Canada fera l'examen initial de chacune d'elles. Les étapes du processus d'évaluation différeront selon le genre, la portée et le coût de la manifestation ainsi que les avantages s'y rattachant. Dans tous les cas, Sport Canada se chargera de l'évaluation initiale des demandes. S'il s'agit de Jeux d'importance, les demandes seront par la suite évaluées au moyen d'un vaste processus interministériel. L'importance de l'appui variera selon la demande, le genre de manifestation et les fonds disponibles.
Pour ce qui est des manifestations thématiques, les demandes de financement seront en général évaluées à l'aide d'un processus interministériel de moindre envergure. Les demandes de financement visant des manifestations unisport seront habituellement évaluées par le ministère du Patrimoine canadien. L'importance de l'appui variera selon la demande, le genre de manifestation et les fonds disponibles.
Pour de plus amples renseignements, prière de communiquer avec l'Unité des Jeux principaux, Sport Canada, au (819) 956-8130.
La liste de questions suivante aidera les organismes et les groupes de candidature à préparer leur dossier en vue d'obtenir du gouvernement fédéral une aide pour l'accueil de manifestations sportives internationales.
Tous les groupes de candidature sont tenus de fournir dans leur dossier un budget précisant en détail les prévisions de recettes et de dépenses de toutes les sources.
Le développement du sport englobe les activités nécessaires à la tenue de la manifestation de même que celles qui laisseront un héritage. La participation d'autres partenaires ou organismes au financement et aux programmes de legs constitue un facteur important.
Les avantages économiques, habituellement examinés dans le cadre d'études de coûts-avantages, indiquent s'il y aura ou non un rendement du capital investi. Les études des retombées économiques cherchent à démontrer comment les dépenses liées à la manifestation (p. ex., les dépenses des visiteurs) touchent toute l'économie. Le gouvernement fédéral s'intéresse aux deux genres d'études, mais il ne faudrait pas les confondre ni en combiner les résultats.
L'annexe II, intitulée « Lignes directrices pour mener des évaluations économiques », aidera les organismes et les groupes de candidature à comprendre les exigences liées aux analyses coûts-avantages et aux évaluations des retombées économiques ainsi que la façon de procéder.
Le gouvernement fédéral a fixé des objectifs et adopté des politiques et des mesures législatives pour promouvoir et concrétiser les valeurs sociales et humaines. La mesure dans laquelle une manifestation atteint, respecte et appuie ces objectifs est un facteur important pour déterminer le soutien fédéral à accorder.
Les avantages économiques s'obtiennent en mesurant, sur le plan économique, le bien-être découlant d'une activité. Ils sont habituellement évalués au moyen d'une analyse coûts-avantages, laquelle consiste en une comparaison directe entre les coûts de l'activité et les avantages qui en sont ressortis. Les avantages non quantifiables sont également examinés lorsque les avantages mesurables (p. ex., les revenus directs) ne permettent pas seuls de justifier les coûts de la manifestation. Toutefois, les avantages non quantifiables peuvent suffire, de l'avis subjectif des décideurs, pour faire pencher la balance en faveur du soutien des coûts. Le gouvernement fédéral exige une analyse coûts-avantages pour décider du bien-fondé de la demande de financement en fonction des avantages qu'en retirera le Canada.
Une analyse coûts-avantages examine tous les coûts qui doivent être assumés pour accueillir une manifestation. Il s'agit des coûts qui sont précisés dans le budget énumérant en détail les dépenses prévues, comme l'exige la Politique, ainsi que des coûts dissimulés ou indirects (p. ex., les infrastructures qui doivent être construites par la localité).
L'analyse coûts-avantages porte également sur tous les avantages, quantifiables ou non, découlant de la manifestation, entre autres, les avantages directs qu'en retireront les organisateurs (p. ex., les recettes provenant des droits d'entrée, des droits télévisuels, des commandites d'entreprises, des redevances de franchise, des frais de permis, etc., dont les détails sont également exigés par la Politique), les avantages sur les plans social et culturel et les avantages liés au développement du sport.
L'analyse coûts-avantages se termine par une comparaison entre les coûts et les avantages, ce qui permet aux décideurs de fixer un niveau de subvention approprié.
Cette étape permet de s'assurer que l'ensemble des coûts sont pris en compte. Tous les frais qui seront déduits des recettes prévues doivent être inclus, de même que tous les coûts indirects assumés par des tiers (p. ex., les municipalités), qui constituent des subventions cachées. Entre autres coûts à examiner, citons les suivants :
Les coûts peuvent être réduits par la valeur nette des immobilisations qui resteront après la manifestation. Cette valeur résiduelle ne devrait pas être simplement la valeur nominale ou comptable utilisée aux fins de comptabilité, mais elle devrait correspondre à la véritable utilité ou à la valeur marchande des biens.
Cette étape permet de déterminer comment les avantages devraient être attribués aux diverses sources de financement, ou donateurs. Les principales catégories de bailleurs de fonds sont les investisseurs privés, les entreprises commanditaires et les divers ordres de gouvernement, y compris ceux qui participent à la mise en place des infrastructures ou fournissent des contributions « non financières ».
Cette étape permet de s'assurer que tous les avantages pertinents sont pris en compte.
Les premiers avantages dont il faut tenir compte sont les recettes directes découlant des droits d'entrée, des droits télévisuels, des commandites d'entreprise, des redevances de franchise, des frais de permis pour utiliser les logos et les noms, etc. Ces recettes serviront à assumer les coûts et réduiront la nécessité de recourir à des subventions de l'État. Une comparaison entre les recettes directes et les coûts démontrera clairement l'écart qui doit être comblé par des subventions et d'autres avantages.
Les recettes directes provenant des droits d'entrée sont évaluées en fonction du nombre prévu de visiteurs (voir Aperçu de l'évaluation des retombées économiques, troisième étape). Les autres recettes directes seront évaluées selon les résultats prévus des négociations entre le groupe de candidature et les diverses sources de financement (p. ex., les réseaux de télévision, les entreprises commanditaires, les entrepreneurs privés)
.Les avantages sur les plans sportif, social et culturel sont énumérés dans le Guide d'évaluation, lequel stipule que les groupes de candidature doivent décrire les activités qui engendreront de tels avantages. De plus, le groupe de candidature doit, dans le cadre de l'analyse coûts-avantages, démontrer les effets que produiront ses activités ainsi que le nombre d'avantages qui en découleront.
Pour faciliter la comparaison des coûts, ces avantages devraient être mesurés en dollars dans la mesure du possible. Sinon, on peut employer des mesures comme la population visée, le nombre de bénéficiaires ou la durée des avantages, pour donner une certaine idée de la portée des avantages.
L'intensification de l'activité économique suscitée par les Jeux entraîne une augmentation nette des dépenses liées au tourisme qui n'aurait pas eu lieu autrement, donc une hausse nette des recettes fiscales. Le gouvernement fédéral peut dire que cette hausse nette des recettes fiscales est un avantage pour lui si une distinction est faite entre les dépenses courantes des résidants locaux (et les taxes qui y sont rattachées) et les nouvelles dépenses effectuées par les visiteurs, qui auraient dépensé leur argent à l'extérieur du Canada s'il n'y avait pas eu la manifestation. (Voir Retombées économiques, les troisième et cinquième étapes).
Avertissement : Les retombées économiques ne sont pas des avantages
L'augmentation du nombre d'emplois et de l'activité économique qu'entraînent les dépenses consacrées à la tenue d'une manifestation constitue des retombées économiques mais, dans le cadre de l'analyse coûts-avantages, il ne s'agit pas d'avantages. Ce type de retombées économiques peut profiter à la localité ou à la région qui, sans la tenue de la manifestation, n'aurait pas bénéficié d'un tel niveau d'emploi ou d'activité économique, mais pour ce qui est de l'économie canadienne dans son ensemble, ce n'est qu'une redistribution des dépenses provenant d'autres parties du Canada. Une dépense équivalente effectuée n'importe où dans l'économie aurait également stimuler l'emploi et l'activité économique (voir Évaluation des retombées économiques, introduction). Toutefois, les avantages découlant d'un accroissement de l'emploi ou de l'activité économique, comme la diminution de la disparité régionale ou la possibilité pour les chômeurs d'acquérir de l'expérience dans une région touchée par un chômage chronique, peuvent être mentionnés dans l'analyse coûts-avantages (voir Évaluation des retombées économiques, cinquième étape).
Au moment d'évaluer le montant net de taxes à percevoir grâce aux nouvelles dépenses nettes, il importe de reconnaître que ce ne sont pas toutes les hausses des recettes fiscales fédérales qui sont attribuables aux dépenses du gouvernement fédéral. Les investissements privés et les subventions octroyées par les autres ordres de gouvernement viennent aussi gonfler les dépenses et aider ainsi à garnir les coffres fédéraux. Il est donc important de n'attribuer aux subventions fédérales que les recettes fiscales qu'elles génèrent véritablement.
Cette étape permet de résumer les coûts et les avantages décrits précédemment de façon à pouvoir facilement comparer les avantages et les coûts assumés par chaque donateur, et ainsi permettre au gouvernement fédéral de déterminer les avantages que retirent les Canadiens et les Canadiennes des subventions qu'il a octroyées.
Les avantages d'une manifestation proviendront des efforts combinés de nombreux donateurs. Il est important d'attribuer le montant des avantages aux donateurs en fonction du niveau de leur contribution au coût total.