À une époque où pratiquement chaque pays s’emploie à trouver des sources d’énergie propre, les centrales hydroélectriques au fil de l’eau font de plus en plus partie du paysage.
Cette popularité croissante s’explique aisément. Premièrement, comme c’est le cas pour toute la production hydroélectrique, les centrales au fil de l’eau ne produisent ni gaz à effet de serre ni autre émission nocive. De plus, contrairement aux grands projets hydroélectriques qui peuvent nécessiter la construction de barrages immenses et l’inondation de grands pans de terre, les centrales au fil de l’eau produisent de l’énergie à même le courant naturel de l’eau; ainsi, les répercussions sur l’environnement, y compris sur la vie marine, sont minimes.
Au Canada, nous découvrons qu’outre l’énergie propre qu’ils permettent de produire, les projets de centrales hydroélectriques offrent des avantages considérables aux peuples autochtones du pays, c’est-à-dire des retombées économiques importantes et durables.
Dans un contexte où la production d’énergie propre fait l’objet d’une demande croissante, les producteurs d’énergie indépendants s’adressent fréquemment aux Premières nations du Canada pour leur proposer de petits projets de production hydroélectrique. En vertu de la législation canadienne, la plupart des peuples autochtones possèdent certains droits relativement à l’exploitation des ressources dans leurs territoires traditionnels.
Dans la plupart des cas, ces producteurs offrent à la Première nation concernée de conclure un accord de redevances en échange de la permission de réaliser leur projet de centrale hydroélectrique au fil de l’eau.
Ces accords ont attiré l’attention d’Ian Gill, président d’Ecotrust Canada, une société sans but lucratif favorisant l’économie de conservation des régions côtières de la Colombie-Britannique. M. Gill s’est interrogé sur la raison pour laquelle les Premières nations, au lieu de conclure un accord de redevances, n’achetaient pas tout simplement une participation en capital dans les projets proposés, ce qui leur offrirait de bien meilleures retombées. Ce qu'il a découvert, c'est que c'est le manque d'argent plutôt que le manque de volonté qui expliquait cet état de choses.
Par ailleurs, la même question intéressait deux sociétés de financement autochtones qui fournissent des services d’appui et des fonds d’affaires aux Premières nations de la Colombie-Britannique, soit la Tribal Resource Investment Corporation (TRICORP) et la Tale'awtxw Aboriginal Capital Corporation. En peu de temps, elles ont créé le Partenariat pour l’exploitation énergétique autochtone et le Fonds de régénération économique des Premières nations, en vue justement de permettre aux Premières nations d’acheter une participation en capital dans des projets de production d’énergie.
« L’aménagement de centrales hydroélectriques au fil de l’eau est un secteur où les Premières nations bénéficient manifestement d’avantages concurrentiels, explique Peter Lantin, directeur de l’exploitation chez TRICORP. Nos territoires traditionnels, en particulier dans les régions côtières, regorgent de possibilités de production d’énergie propre. En fait, le premier projet auquel nous contribuons financièrement est l’aménagement d’une centrale hydroélectrique au fil de l’eau de deux mégawatts qui appartiendra à la Première nation des Tlingit de Taku River, vivant près d’Atlin, dans le nord de la Colombie-Britannique. »
Le Fonds de régénération économique des Premières nations bénéficie d’une somme totale de 7 millions de dollars – les deux sociétés de financement autochtones lui ont versé 2 millions de dollars chacune, et Affaires indiennes et du Nord Canada a fait une contribution de 3 millions. Ce fonds est administré par Ecotrust Canada Capital, une filiale d’Ecotrust Canada.
Les prêts accordés par l’intermédiaire du Fonds de régénération économique des Premières nations sont remboursés par les Premières nations qui en bénéficient au moyen des dividendes et des redevances générés par les projets de centrales au fil de l’eau et éventuellement d’autres sources. Une fois les prêts remboursés, les dividendes et les redevances deviennent des revenus à long terme que les Premières nations peuvent utiliser, à leur convenance, à des fins de développement social ou économique.
« Le Fonds de régénération économique des Premières nations permettra aux Premières nations d’accéder au capital dont elles ont tant besoin, affirme Sandy Wong, directrice générale de la Tale’awtxw Aboriginal Capital Corporation. Il aidera les Premières nations à financer leur participation en capital à des projets énergétiques en Colombie-Britannique et à accroître leur part de propriété au sein de ce secteur essentiel de notre économique. En outre, ces projets d’énergie propre concordent naturellement avec les principes sociaux et culturels qui sont les nôtres. »
Chuck Strahl, ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien, affirme que la contribution de 3 millions de dollars du Ministère au Partenariat pour l’exploitation énergétique autochtone s’inscrit dans l’engagement du gouvernement fédéral à favoriser la participation autochtone à la réalisation de projets énergétiques et d’exploitation de ressources dans l’ensemble du Canada. Selon lui, ce partenariat met de l'avant une approche unique qui optimisera les profits de l'investissement du Ministère dans le développement économique autochtone, et ce, en tirant parti du capital rendu disponible par le secteur privé et d'autres partenaires.
Pour de plus amples renseignements:
Ecotrust Canada
Eric Enno Tamm
gestionnaire de communications
(604) 219-1472
http://www.ecotrust.ca
Tale’awtxw Aboriginal Capital Corporation
Sandy Wong
directeur général
(604) 926-5626
http://www.tacc.ca
Tribal Resources Investment Corporation
Peter Lantin
directeur de l'exploitation
(250) 624-3535
http://www.tricorp.ca