Le Canada et l'Europe sont souvent d’âpres adversaires, non seulement dans le cadre d’événements sportifs internationaux, comme les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, mais aussi dans l’arène du commerce international.
Par un surprenant concours de circonstances, ces deux grands joueurs ont fait équipe et joint leurs forces en vue de collaborer à un projet « spatial » susceptible toutefois d’accroître la rentabilité, la productivité et la durabilité de l’agriculture sur la Terre.
Leur objectif commun consiste en un projet international appelé AgriSar. Des chercheurs canadiens et européens étudient les images radar prises depuis l'espace afin de savoir si elles peuvent être utilisées de manière fiable à des fins agricoles ou autres. Les renseignements recueillis par AgriSAR sont analysés par des chercheurs de partout au monde en vue de les utiliser dans la cartographie d'occupation du sol, la gestion des cultures et de nouvelles applications adaptées au contrôle environnemental.
Dans le cadre du projet, les scientifiques d'AAC travaillent sur le terrain pour collecter et analyser des données sur l'occupation du sol, le type et l'état des cultures, la biomasse des cultures, le rendement des grains, l'humidité du sol de surface et les conditions météorologiques autour de la ferme de recherche d'Indian Head.
Le Dr Guy Lafond, chercheur d'AAC à Indian Head, a contribué à l'organisation de l'étude. « On a convenu qu'Indian Head serait un lieu idéal pour recueillir des données radar de vérification au sol, car de multiples cultures sont présentes dans cette région, a déclaré le Dr Lafond. En examinant les deux ensembles de données, nous pourrions déterminer si la technologie radar distingue facilement les types et les états des cultures. »
L'ASE a déterminé que le satellite canadien était idéal pour rassembler les images radar nécessaires au projet AgriSAR. RADARSAT-2 appartient à MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA) basé en Colombie-Britannique; l'entreprise derrière le Canadarm utilisé dans la navette spatiale américaine et la Station spatiale internationale. Lancé en 2007, RADARSAT-2 est considéré comme le satellite-radar le plus perfectionné au monde. Contraitement aux systèmes satellitaires à imagerie spectrale, le radar à synthèse d'ouverture (SAR) à base de micro-ondes de MDA peut fournir des images en haute définition la nuit et à travers la couche nuageuse. Le Canada est l'un des chefs de file en matière de technologie SAR.
Le Dr Lafond s'était déjà servi d'un satellite comme outil de recherche avant la mise en place du projet AgriSAR. Il avait notamment travaillé avec le Centre canadien de télédétection, et il collabore actuellement avec des spécialistes tels que le Dr Joe Piwowar de l'Université de Regina et Chris Holzapfel de l'Indian Head Agricultural Research Foundation pour déterminer l'utilité des données SAR dans la classification des types de cultures et l'estimation du rendement des cultures.
« MDA a permis à notre équipe de collaborer à un projet spatial unique, a déclaré le Dr Lafond. Deux activités se sont avérées particulièrement intéressantes : la collecte d'images acquises par le satellite RapidEye et le recoupement de ces données avec celles du capteur optique GreenSeeker. »
Le système RapidEye est une constellation de cinq satellites de télédétection optique mise en œuvre par MDA pour RapidEye AG en Allemagne. Ce système fournit des images multispectrales de la lumière réfléchie sur la surface de la Terre pour différentes longueurs d'onde. Le système GreenSeeker conçu par l'entreprise californienne NTech Industries dispose de capteurs au sol qui fournissent des données applicables à diverses fins, de la cartographie de l'état des cultures, à l'évaluation des stratégies d'irrigation, en passant par la détermination des dates de récolte optimales.
Le Dr Lafond se réjouit à l'idée que le centre d'Indian Head et AAC pourraient participer à davantage de projets de ce type à l'avenir.