Les Jeux olympiques servent depuis toujours de vitrine mondiale aux plus grands exploits des athlètes et les Jeux olympiques et paralympiques de l’hiver 2010, à Vancouver (Canada), ne feront pas exception. Parallèlement, les organisateurs sont déterminés à faire des Jeux de Vancouver un modèle de durabilité. À dire vrai, leur objectif est d’en faire les Jeux les plus écologiques de l’histoire.
Pour cela, ils mettront en vedette des dizaines de solutions à énergie propre canadiennes, notamment 20 autobus électriques à pile à combustible, qui feront partie du réseau de transport en commun de Whistler, où se tiendront les compétitions alpines. Ces véhicules n’émettent aucun gaz à effet de serre et économisent plus d’énergie que ceux à moteur diesel.
Cette démonstration typiquement canadienne réunira le plus grand nombre d’autobus à pile à combustible jamais rassemblés en un seul lieu.
Construits par New Flyer Industries de Winnipeg (Manitoba), ces autobus intègrent diverses technologies canadiennes comme les piles à hydrogène conçues par Ballard, de Burnaby (C.-B.), et le système de stockage de Dynetek Industries, de Calgary (Alberta), pour l’hydrogène fourni par Air Liquide Canada, de Montréal (Québec).
Les 20 autobus s’ajouteront au parc municipal de Whistler, qui en compte normalement une trentaine, mais passera à 135 durant les Jeux. Selon Joanna Morton, agente des relations publiques de BC Transit, propriétaire et exploitant des autobus, outre le panneau « Alimenté par pile à combustible » sur le côté du véhicule, la seule différence que noteront les passagers est une conduite plus douce et régulière. « Le moteur électrique fournit immédiatement la force de rotation nécessaire à l’accélération ou au démarrage lors des arrêts. L’effet est instantané. »
Les autobus à pile à combustible cadraient parfaitement avec le thème de la durabilité retenu pour les Jeux olympiques de 2010, thème qu’on retrouve partout, des normes écologiques appliquées aux bâtiments du Village au savon biodégradable dans les installations olympiques.
« Je trouve l’idée emballante », s’est exclamée Anne Duffy, agente de la durabilité au COVAN, le comité organisateur des Jeux. « Principalement parce qu’il s’agit d’un exemple pratique que les gens pourront voir. Les piles à hydrogène deviennent bien réelles quand on voyage à bord de l’autobus qu’elles alimentent. »
Ces autobus devraient réduire les émissions de gaz à effet de serre de 62 % comparativement aux autobus à moteur diesel. On a obtenu ce résultat en comparant la durée de vie des deux modèles, de leur fabrication au transport. L’hydrogène sera transporté à Whistler, à l’instar du combustible diesel, car le réseau local ne pourra suffire aux besoins quotidiens de 20 véhicules. « Bien qu’il n’y ait pas assez de combustible pour alimenter une telle flotte dans l’Ouest, de grandes économies seront enregistrées au niveau des gaz à effet de serre », ajoute Mme Morton.
Les athlètes repartis, les autobus constitueront l’épine dorsale du réseau de transport en commun de Whistler. L’objectif est d’évaluer la technologie des piles à combustible pour s’assurer qu’elle satisfait à long terme aux exigences de la demande. « Cette technologie devra s’avérer aussi efficace sur le plan de l’exploitation que rentable sur celui de l’économie », reprend Mme Morton.
Un hiver canadien sur mesure
Les Jeux olympiques mettront les autobus à rude épreuve. En effet, ils fonctionneront jusqu’à 22 heures par jour dans des conditions hivernales. Pour s’assurer qu’il n’y aura aucune difficulté, un prototype a été testé dans des températures glaciales, au Centre de technologie des transports de surface du Conseil national de recherches (CTTS-CNRC), à Ottawa.
Le CNRC a soumis l’autobus à une température de -20 °C et vérifié la performance de la pile ainsi que d’autres composants comme les systèmes de chauffage, d’aération et de dégivrage. « Nous voulions être sûrs que le véhicule fonctionnera par temps froid et devions établir la performance de la batterie et de la transmission électrique à pile par une température de -20 °C, a expliqué Mme Morton. La pile à combustible doit produire assez d’énergie non seulement pour faire avancer rondement le véhicule, mais aussi pour tenir les passagers au chaud et en sécurité. »
La topographie des circuits à Whistler a été simulée à Environnement Canada pour déterminer comment le froid affectera la batterie et la pile à divers endroits. Les essais réalisés par le CNRC et Environnement Canada ont permis d’optimiser les autobus en prévision des conditions hivernales. Ils ont aussi dévoilé des détails intéressants, notamment le temps nécessaire au dégivrage du pare-brise au début d’un quart et le nombre de fois où la batterie doit être rechargée par temps froid.