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Les scientifiques canadiens ont mis au point une solution de rechange non toxique

Les insecticides biologiques au service des fruiticulteurs d'Amérique du Nord

Les athlètes, comme les compétiteurs aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010, savent qu’un régime équilibré et riche en éléments nutritifs, comme ceux que l’on trouve dans les fruits et les légumes, est essentiel pour se hisser vers l’excellence.

Dans le monde entier, des consommateurs achètent, chaque jour, des millions de fruits — cultivés par des agriculteurs sur presque tous les continents dans l'optique d'offrir aux consommateurs une large variété de fruits qui sont disponibles aujourd’hui.

Outre les amateurs de fruits, les insectes nuisibles sont également friands des produits cultivés à la ferme. Ils mettent alors en danger les efforts déployés par les producteurs pour obtenir une récolte suffisante et de qualité.

L'un de ces insectes les plus nuisibles est la pyrale de la pomme ou Cydia pomonella, un organisme nuisible résistant qui s'attaque aux pommiers, aux poiriers et aux pêchers.

À l’origine, la plupart des producteurs au Canada utilisaient des insecticides à large spectre pour lutter contre cet organisme nuisible. Et puis, les effets nocifs et indésirables de ces insecticides sur l'environnement et la salubrité alimentaire ont soulevé de plus en plus de préoccupations. Par conséquent, les chercheurs ont commencé à développer des méthodes plus durables pour se protéger des ravages commis par cet insecte.

Au cours des années 2000, cette recherche a porté des fruits, grâce à une collaboration étroite entre les chercheurs du secteur privé et le gouvernement du Canada. Elle a abouti à la création d'un biopesticide appelé Virosoft CP4, le premier insecticide viral à être autorisé à des fins agricoles au Canada. Cet insecticide a vu le jour après plusieurs années de recherche menée par M. Charles Vincent d'Agriculture et Agroalimentaire Canada et ses collaborateurs à BioTEPP Inc.

Le Virosoft CP4 s'est avéré très efficace dans la lutte contre la pyrale de la pomme, sans qu'aucun effet indésirable attribuable aux insecticides traditionnels ne soit jamais signalé. Il n'a aucun effet nocif sur l'environnement ou sur les mammifères (y compris les humains) et ne présente aucun danger pour les autres insectes, notamment ceux indispensables au maintien de l'équilibre de l'écosystème. 

« L'utilisation de cet insecticide biologique permet de réduire de manière considérable la charge polluante nécessaire à la lutte contre la pyrale de la pomme, a déclaré M.  Vincent. Il est très populaire auprès des producteurs de pommes qui ont choisi la filière « biologique », laquelle limite le type de méthodes que les producteurs peuvent utiliser pour contrôler les insectes nuisibles. »

Pour être efficace, les larves de la pyrale de la pomme doivent manger le granulovirus qui est l'élément actif de l'insecticide. Ainsi, le Virosoft CP4 est répandu sur les arbres fruitiers avant que les larves de la pyrale n'éclosent. Lorsque les larves éclosent des œufs, elles avalent une petite quantité de ce granulovirus en mangeant leur propre coquille, en buvant les gouttelettes d'eau à la surface des feuilles ou en se nourrissant du fruit. Plus de 90 p. 100 des larves mourront dans les 24 premières heures, et les autres dans les jours qui suivent.

En 2008, les ventes du Virosoft CP4 ont dépassé le million de dollars, ce qui représente un gain de facteur 20 en seulement cinq ans. La majorité de cette demande provient des États-Unis, où 95 p. 100 du Virosoft CP4 fabriqué par l'entreprise québécoise BioTEPP est vendu, contre seulement 5 p. 100 au Canada. M. Vincent déclare que le climat joue un rôle prépondérant — la pyrale de la pomme ne se reproduit que deux à trois fois par an dans les régions de l’Ouest du Canada où le temps est plus frais et plus humide, d'où le recours moins fréquent aux insecticides.

M. Vincent et BioTEPP ont également travaillé pendant de nombreuses années avec M. Lawrence Lacey, chercheur au département de l'Agriculture des États-Unis. Ensemble, ils ont prouvé l'efficacité du Virosoft CP4, même dans le climat sec et chaud de l'Ouest des États-Unis — une région où le climat requiert chaque année l'utilisation à répétition (au minimum cinq fois) d'insecticides conventionnels à large spectre pour lutter efficacement contre la propagation de la pyrale de la pomme.

Le Virosoft CP4 est à présent utilisé dans les États de l'Ouest des États-Unis (Washington, Oregon, Idaho et Utah), ainsi que dans les États du Midwest (Ohio et Michigan). En 2008, ce biopesticide a été répandu sur près de 32 000 hectares (80 000 acres) de vergers en Amérique du Nord, principalement par les producteurs conventionnels.

« Nous commençons seulement à voir les possibilités qu'offre cet insecticide viral à l'échelle mondiale en termes de lutte contre la pyrale de la pomme, a déclaré M. Vincent.  De nouveaux tests permettraient au Virofsoft CP4 d'être présent sur davantage de marchés où les conditions climatiques sont similaires à celles des régions d'Amérique du Nord où son efficacité a été prouvée. »

Le Virofsoft CP4 n’est qu’un autre exemple de l’esprit novateur et de l’engagement envers la durabilité qui confèrent au secteur agroalimentaire canadien une excellente réputation sur la scène internationale.