Pinot Gris, Chardonnay, Merlot, des mots qui mettent l'eau à la bouche.
Pour produire un vin à la hauteur de son nom, une grande expérience est exigée. Les vinificateurs sont très fiers de leur métier et travaillent sans relâche pour satisfaire les normes les plus élevées. Il en est de même pour les vinificateurs canadiens.
Les amateurs de vin de partout dans le monde découvrent et dégustent les vins canadiens, l’un des secrets les mieux gardés sur la planète. Régulièrement primés lors de nombreux événements internationaux prestigieux, les vins canadiens gagnent, sans l’ombre d’un doute, à être goûtés.
Et lorsque vous appréciez tout l'art des vinificateurs canadiens, vous pouvez également lever votre verre à l'équipe de talentueux scientifiques d'Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Basés dans le Centre de recherches agroalimentaires du Pacifique (CRAPAC) de la vallée de l'Okanagan en Colombie-Britannique — le cœur de la région viticole de la province facilement accessible à partir de Vancouver, le site des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2010 — , ces scientifiques aident les établissements vinicoles canadiens à porter leur art vers de nouveaux sommets, en consolidant un secteur qui produit annuellement plus de 50 millions de litres de vin.
Dans l'Okanagan, l'équipe de scientifiques du CRAPAC étudie chaque aspect de la production vinicole — du contrôle des maladies et des organismes nuisibles des vignes au développement de pratiques de vinification et de culture de la vigne, afin d'obtenir des vins canadiens les saveurs et les arômes recherchés et une consistance agréable qui flatte le palais.
L'Okanagan fait partie des régions vinicoles les plus nordiques du monde mais elle est abritée par des chaînes de montagnes, et le climat y est curieusement chaud, ensoleillé et habituellement sec. Depuis l'implantation des premières vignes à la fin des années 1850, l'industrie vinicole de la Colombie-Britannique est en plein essor. Aujourd'hui, avec plus de 150 établissements vinicoles et près de 5 000 acres de plants de vigne couvrant les flancs de la vallée, la région représente un quart de la production vinicole du Canada.
« Ces dernières années, l'industrie vinicole de la Colombie-Britannique s'est considérablement étendue et a pris de l'importance au niveau économique », a déclaré le Dr Patricia Bowen, physiologiste des plantes qui dirige l'équipe du CRAPAC. « Notre recherche vise à soutenir les efforts déployés par l'industrie pour conserver et améliorer sa réputation en matière de qualité et de durabilité. »
Outre les activités de recherche de pointe — par exemple, la caractérisation du sol à l'aide de la cartographie sur système d’information géographique (SIG) —, le travail de l'équipe consiste à aider les cultivateurs à utiliser des pratiques exemplaires.
L'équipe a, entre autres, développé de nouvelles méthodes pour lutter contre les organismes nuisibles, notamment l'utilisation de phéromones sexuelles femelles de synthèse visant à perturber l’accouplement des insectes nuisibles, ainsi que des méthodes qui améliorent l'activité des espèces bénéfiques – toutes nécessaires à l'implantation d'un programme de gestion durable du vignoble. Elle a également aidé les cultivateurs à utiliser ces méthodes.
Au-delà des vignes, l'équipe du CRAPAC se penche sur la composition chimique du vin et du raisin, les arômes et la consistance en bouche, mais aussi l'analyse sensorielle pour déterminer les caractéristiques du vin à partir des différentes pratiques de vinification et de culture de la vigne.
« Nous avons découvert que les plants de Merlot mûrissent différemment en fonction du site, et ce, en raison des changements observés au niveau du climat et de l'élévation, » a expliqué le Dr Margaret Cliff, membre de l'équipe et spécialiste en analyse sensorielle. « Il y a une grande différence entre les vins produits à partir de vignes situées dans des régions différentes de la vallée. Nous avons découvert que ces variations sont imputables au climat et à la capacité de rétention du sol, plutôt qu'aux minéraux qu'il referme. Nous avons également remarqué des différences inhérentes aux variations du style des viniculteurs qui ne dépendent nullement du site. »
Outre l'Okanagan, environ 2 000 acres de vignes sont également implantés dans la vallée du Fraser et sur les îles Gulf et l’île de Vancouver. L'équipe cherche à étendre sa collaboration avec l'industrie dans ces régions et à mettre à jour sa base de données du SIG. Elle continue par ailleurs à travailler sur la gestion de l'irrigation, en analysant les répercussions des différents régimes d'irrigation sur la capacité d’utilisation de l’eau et la qualité générale du fruit selon les différents types de sol.
« Notre recherche repose sur l'élaboration de pratiques de culture durables. Cependant, notre objectif est de créer des raisins de haute qualité pour produire des vins d'excellence, a affirmé le Dr Bowen. Après tout, il faut du bon raisin pour faire du bon vin, et nous produisons quelques vins merveilleux, ici en Colombie-Britannique. »