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Sharon et Shirley Firth

Ski de fond (Sapporo 1972, Innsbruck 1976, Lake Placid 1980, Sarajevo 1984)

À Aklavik, dans les Territoires du Nord-Ouest, où elles passent leur jeunesse, les jumelles Sharon et Shirley Firth profitent des nombreuses occasions d'apprécier les activités hivernales.

Shirley Firth
La Canadienne Shirley Firth, 21 ans, participe à l’épreuve de ski de fond dans le cadre des Jeux olympiques d’hiver de 1980, à Lake Placid.
(CP Photo/COA)

Au début de l'adolescence, les jumelles découvrent un sport qui va changer leur vie, le ski de fond. Sharon et Shirley seront membres de l'équipe nationale de ski de fond durant 17 ans;  elles participeront à quatre Jeux olympiques : à Sapporo en 1972, à Innsbruck en 1976, à Lake Placid en 1980 et à Sarajevo en 1984. Leur carrière sans précédent, étalée sur quatre olympiades, elles la doivent en partie aux encouragements de leur milieu.

Susciter le leadership chez les jeunes Autochtones

Les jumelles, membres de la Première nation Gwich'in et en partie Loucheaux-Métis, vivent dans une maison en rondins avec leurs onze frères et soeurs, dans un village traditionnel. Durant l'adolescence des jumelles, la petite communauté été déplacée dans une ville-modèle préfabriquée appelée Inuvik.

C'est là que le père Jean-Marie Mouchet, missionnaire français établi dans le Grand Nord canadien, initie Shirley et Sharon Firth au ski de fond, en 1965. Le père Mouchet demande au gouvernement fédéral de financer ses toutes nouvelles écoles de ski destinées aux adolescents d'Inuvik. Il propose la création du programme Territorial Experimental Ski Training (TEST) dans le but de motiver les jeunes Autochtones et de développer leur potentiel de leadership.

Ottawa accueille sa proposition avec enthousiasme. Celle-ci cadre bien avec les objectifs du gouvernement, désireux d’encourager le sport amateur et de favoriser le développement social des peuples autochtones du Canada lors de leur adaptation à la société canadienne. Les jeunes skieurs du programme TEST s'entraînent à l'extérieur durant des heures, par des températures atteignant moins 40 degrés, dans la longue nuit de l’hiver arctique. En été, ils s'adonnent à la course sur longue distance dans la toundra infestée de moustiques.

Un attachement physique à la terre

Le ski devient une autre expression de leur fort lien physique au milieu, tout comme le piégeage, la chasse, la coupe et l'empilage du bois ainsi que le halage lorsque la rivière n'est pas gelée. Les jumelles, habituées à se lever à quatre heures du matin pour vérifier leurs collets à lièvres dans leur ancien village d'Aklavik, s'adaptent facilement au dur régime de vie imposé par le ski de fond.

Shirley Firth
Shirley Firth du Canada participe à l'épreuve de ski de fond aux Jeux olympiques d'hiver de 1976 à Innsbruck.
(PC Photo/AOC)

Les jumelles Firth, coqueluches du monde du ski de fond

Plusieurs jeunes athlètes du programme TEST rêvent de découvrir le monde au-delà du delta du Mackenzie, et leurs entraîneurs encouragent les skieurs les plus talentueux, en entretenant leur espoir de participer à des compétitions internationales. Avec un budget pourtant dérisoire, leurs rêves se réalisent. Quelques années à peine après avoir appris à skier, l'équipe d'Inuvik devient la coqueluche du monde du ski de fond.

Sharon et Shirley en sont les grandes vedettes. Elles ont tracé leur voie dans la neige et la glace, battant des records au Canada et à l'étranger, pour prendre la tête de la première équipe canadienne féminine nordique de ski de fond aux Jeux Olympiques. À elles deux, les soeurs Firth remporteront 48 championnats canadiens et participeront à quatre épreuves olympiques d'hiver, de 1972 à 1984.

Pendant près d’une décennie, elles ont dominé un sport complètement étranger à leur culture. Dans un monde radicalement différent du leur, elles ont relevé la barre pour tous les skieurs de la nation.

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